The parasites in the foal: what is the age and how to protect your young horse

Executive summary

Quand on pense au parasitisme équin, on imagine souvent un cheval adulte au pré, infesté de strongles après une saison de pâturage. Et pourtant, c’est le poulain qui est la cible la plus vulnérable des parasites, et ce dès ses premiers jours de vie. Les parasites qui le menacent sont différents de ceux du cheval […]

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Quand on pense au parasitisme équin, on imagine souvent un cheval adulte au pré, infesté de strongles après une saison de pâturage. Et pourtant, c’est le poulain qui est la cible la plus vulnérable des parasites, et ce dès ses premiers jours de vie.

Les parasites qui le menacent sont différents de ceux du cheval adulte, les risques sont plus graves et certaines molécules couramment utilisées chez le cheval adulte sont à proscrire chez le jeune. En effet, contrairement à une idée reçue, le colostrum ne protège pas le poulain contre les parasites (seulement contre les infections bactériennes).

Le parasitisme du poulain nécessite donc une approche spécifique, organisée par tranche d’âge, avec un protocole adapté à chaque étape de son développement. Cet article vous donne les clés pour comprendre quels parasites menacent votre poulain, à quelle période et comment le protéger efficacement.

Pourquoi le poulain est-il plus vulnérable que le cheval adulte ?

Le poulain naît avec un système immunitaire naïf ; c’est-à-dire qu’il n’a jamais été exposé aux agents pathogènes avant sa naissance. Le colostrum, ce premier lait riche en anticorps que la jument produit dans les heures qui suivent le poulinage, lui apporte une protection immédiate contre les infections bactériennes. Mais ces anticorps maternels n’ont aucun effet contre les parasites intestinaux.

Résultat : le poulain peut s’infester dès ses premiers jours de vie, via le lait maternel pour certains parasites, ou par ingestion d’œufs présents dans son environnement dès qu’il commence à brouter. Sa vulnérabilité est maximale pendant les six premiers mois, période durant laquelle son immunité antiparasitaire n’est pas encore développée.

Un autre point crucial souvent sous-estimé est que les œufs d’ascaris des poulains des années précédentes survivent 2 à 3 ans dans le sol, parfois jusqu’à 10 ans selon certaines études. Une pâture d’apparence saine, verte et bien entretenue, peut donc être massivement contaminée si elle a accueilli des poulains les années passées. En effet, les œufs d’ascaris possèdent une coque extrêmement résistante qui leur permet de survivre au gel, à la chaleur et même aux désinfectants classiques.

La conséquence directe de cette résistance est que contrairement au cheval adulte chez qui la vermifugation raisonnée (basée sur la coproscopie) est désormais recommandée, la vermifugation du poulain reste systématique jusqu’à l’âge d’un an. Aucune coproscopie préalable n’est requise avant 6 mois pour décider du traitement : on vermifuge à dates fixes, en ciblant les parasites propres à chaque tranche d’âge.

💡 Chez le cheval adulte, cette logique est différente. Découvrez pourquoi la vermifugation systématique est remise en cause.

Les parasites du poulain par tranche d'âge

Le parasitisme du poulain évolue avec lui. Chaque phase de croissance correspond à des parasites spécifiques, avec des risques et des traitements adaptés.

De 0 à 2 mois : le Strongyloïdes westeri

Le premier parasite à menacer le poulain est le Strongyloïdes westeri, transmis directement via le lait maternel dès la tétée. La jument héberge des larves dormantes qui s’activent à la mise bas, migrent vers les glandes mammaires et passent dans le lait.

Le symptôme principal est une diarrhée aqueuse vers 10-14 jours de vie, au moment de la « chaleur de lait ». Bonne nouvelle : le poulain développe rapidement une immunité contre ce parasite entre 3 et 10 mois.

Les parasites chez le poulain

Source: ESCCAP

Treatment : uniquement si la diarrhée est confirmée par le vétérinaire (fenbendazole à dose spécifique). Pas de traitement systématique avant 2 mois. Vermifuger un poulain trop jeune sans raison médicale n’apporte aucun bénéfice et expose inutilement l’organisme aux molécules chimiques.

De 2 à 6 mois : l'ascaris, le danger principal

Parascaris equorum is le parasite le plus dangereux pour le poulain. Ce ver rond massif peut atteindre 40 cm de longueur. Un poulain parasité peut répandre jusqu’à 50 millions d’œufs par jour dans l’environnement. Ces œufs possèdent une coque extrêmement résistante et survivent 2 à 3 ans dans le sol, même exposés au gel.

Les parasites du poulain

Source: Sciences et Avenir

Le cycle de migration larvaire dure 10-12 semaines :

ingestion → intestin → foie → poumons → trachée → déglutition → intestin grêle.

Les symptômes à surveiller : toux sèche, jetage nasal (phase pulmonaire), puis retard de croissance, poil terne, diarrhée, baisse de forme. Dans les cas les plus graves, le poulain peut aussi présenter un risque d’obstruction ou même une rupture intestinale mortelle.

Point critique : les lactones macrocycliques (ivermectine, moxidectine) sont à proscrire avant 6 mois, car les ascaris y ont développé des résistances. Des études menées en France et aux États-Unis montrent que l’ivermectine n’est plus efficace contre Parascaris equorum dans de nombreux élevages. Les molécules recommandées sont le pyrantel et le fenbendazole, en alternance.

De 6 à 12 mois : les petits strongles prennent le relais

À partir de 6 mois, l’immunité contre les ascaris se développe, mais les small strongles (cyathostomes) deviennent la menace parasitaire du poulain principale. Ces vers vivent dans le gros intestin et provoquent des diarrhées chroniques, un amaigrissement ainsi qu’un retard de croissance.

Les données montrent que 39 % des poulains de 3 à 9 mois sont parasités par les petits strongles en Normandie. Ce chiffre grimpe avec l’âge et la durée de pâturage. À partir de 6 mois, ascaris et petits strongles coexistent, mais les molécules efficaces contre les uns ne le sont pas contre les autres. C’est précisément à cet âge que la coproscopie devient indispensable pour orienter le choix du vermifuge.

Source: ESCCAP

Automne dès 5-6 mois : les ténias (Anoplocephala perfoliata) s’ajoutent au tableau. Des études de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation) montrent que 26 % des poulains entre 6 et 24 mois hébergent des ténias. Ces vers plats se fixent à la jonction iléo-caecale (entre l’intestin grêle et le caecum) et peuvent provoquer des coliques graves. Le traitement spécifique au praziquantel (ou double dose de pyrantel) est requis à l’automne.

Le protocole de vermifugation du poulain étape par étape

Here le protocole de vermifugation recommandé pour la première année de vie du poulain, basé sur les recommandations de l’IFCE et de l’ESCCAP.

Âge

Parasite du poulain ciblé

Molécule recommandée

Note

0–2 mois

Strongyloïdes westeri

Fenbendazole (si diarrhée confirmée)

Pas de traitement systématique

2 mois

Ascaris

Pyrantel ou Fenbendazole

Première vermifugation systématique

4 mois

Ascaris

Alterner pyrantel / fenbendazole

Éviter absolument les macrolides (ivermectine, moxidectine)

6 months

Ascaris + petits strongles

Coproscopie pour orienter le choix

Pivot du protocole — bascule vers les strongles

Automne (dès 5 à 6 mois)

Ténias + petits strongles

Moxidectine + praziquantel (ou double dose pyrantel)

Premier traitement antiténia

9–12 mois

Petits strongles

Selon résultat coproscopie

Transition vers protocole adulte

Pourquoi la coproscopie devient indispensable à 6 mois

À 6 mois, le poulain se trouve à un tournant parasitaire. La population d’ascaris diminue progressivement grâce à l’immunité qui se met en place, tandis que les petits strongles commencent à coloniser le tube digestif. Chaque parasite nécessite une molécule spécifique, d’où l’importance de savoir lequel prédomine chez votre poulain.

Le pyrantel et le fenbendazole sont efficaces contre les ascaris mais les petits strongles ont développé des résistances au fenbendazole dans de nombreux élevages. À l’inverse, les lactones macrocycliques (ivermectine, moxidectine) sont efficaces contre les petits strongles mais inefficaces contre les ascaris résistants.

La coproscopie à 6 mois est le seul moyen de savoir quel parasite prédomine chez votre poulain et donc de choisir la bonne molécule, plutôt que de traiter à l’aveugle avec le risque que le traitement ne soit pas efficace, voire qu’il augmente la résistance aux molécules anti-parasitaire. L’analyse des crottins du poulain permet d’identifier les types d’œufs présents (ascaris, strongles, ténias) et quantifie la charge parasitaire, ce qui permettra à votre vétérinaire de déterminer la prise en charge la plus efficace.

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Protéger l'environnement du poulain contre les parasites : prévenir plutôt que guérir

La vermifugation du poulain ne suffit pas. La gestion de l’environnement joue un rôle majeur dans la prévention du parasitisme, en particulier pour les ascaris dont les œufs survivent plusieurs années.

Ne pas réutiliser les mêmes paddocks de nurserie d’une année sur l’autre. L’accumulation pluriannuelle d’œufs d’ascaris dans les paddocks dédiés aux poulains crée des zones de contamination massive. Si possible, faites tourner les pâtures et réservez chaque année un nouveau paddock pour les juments suitées et leurs poulains.

Réserver les pâtures les plus saines aux jeunes. Privilégiez les prairies qui ont été fauchées pour le foin l’année précédente, les pâtures laissées au repos pendant au moins deux mois, ou les prairies pâturées en alternance avec des bovins (les parasites équins ne se développent pas chez les ruminants, ce qui casse le cycle).

Regrouper les animaux par tranche d’âge limite les contaminations croisées entre poulains et chevaux adultes. Les chevaux adultes hébergent principalement des strongles, parasites auxquels les poulains sont moins sensibles avant 6 mois. Séparer les groupes permet de cibler les traitements de façon plus cohérente.

Vermifuger la poulinière au printemps avant le poulinage est une mesure complémentaire. Cela réduit la contamination précoce du poulain via le lait (pour Strongyloïdes westeri) et limite l’excrétion d’œufs de strongles par la jument dans les jours qui suivent la mise bas. Attention cependant : si la jument est déjà dans la pâture et qu’elle est parasitée, elle a déjà contaminé l’environnement, et elle continuera de le contaminer après vermifuge si les crottins ne sont pas ramassés dans les 3 à 5 jours qui suivent le traitement (période d’excrétion des parasites morts).

Ramasser les crottins régulièrement dans les paddocks et les boxes. C’est la mesure préventive la plus efficace, mais aussi la plus chronophage. En élevage, elle n’est pas toujours réaliste. Cependant, dans les zones à risque (paddocks de nurserie, abords immédiats des abreuvoirs), ce geste fait une vraie différence.

Quand vermifuger un poulain ? Le mot de la fin

Protéger un poulain des parasites, ce n’est pas vermifuger à l’aveugle tous les deux mois. C’est comprendre que chaque mois compte, qu’à chaque période de sa jeune vie correspond à un risque parasitaire spécifique et qu’à 6 mois, tout change. C’est à cet âge précis que la coproscopie devient votre meilleure alliée : elle vous dit exactement ce dont votre jeune cheval a besoin, et vous fait basculer en douceur vers une approche raisonnée, celle que vous appliquerez toute sa vie d’adulte.

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FAQ : les questions fréquentes sur les parasites du poulain

À partir de quel âge peut-on vermifuger un poulain ?

La première vermifugation systématique est recommandée à 2 mois, avec du pyrantel ou du fenbendazole ciblés contre les ascaris. Avant 2 mois, seule une diarrhée confirmée à Strongyloïdes westeri justifie un traitement au fenbendazole. Vermifuger un poulain plus jeune sans raison médicale n’apporte aucun bénéfice.

Peut-on utiliser les mêmes vermifuges que pour un cheval adulte ?

Non. Les lactones macrocycliques (ivermectine, moxidectine), très efficaces chez l’adulte contre les strongles, sont à éviter avant 6 mois car les ascaris y ont développé des résistances importantes. Le choix de la molécule dépend de l’âge du poulain et du parasite cible. Avant 6 mois, vous ne devez utiliser que le pyrantel et le fenbendazole.

Mon poulain a la diarrhée à 10 jours, est-ce forcément des vers ?

Pas nécessairement. La « diarrhée de chaleur » est fréquente entre 8 et 14 jours et peut être liée au cycle hormonal de la jument (premières chaleurs post-poulinage) plutôt qu’à une infestation parasitaire. D’autres causes sont possibles : modification de l’alimentation de la jument, stress, ingestion de sable. Une consultation vétérinaire permet de poser le bon diagnostic avant tout traitement.

Faut-il vermifuger la jument en même temps que son poulain ?

La jument suit le protocole standard adulte, basé sur la coproscopie. Un traitement au printemps avant le poulinage est particulièrement recommandé pour limiter la contamination précoce du poulain via le lait et réduire l’excrétion d’œufs dans la pâture. Cependant, vermifuger la jument ne dispense pas de vermifuger le poulain, selon son propre calendrier.

À quel âge le poulain peut-il suivre le même protocole qu'un adulte ?

Autour d’un an, une fois l’immunité suffisamment développée contre les ascaris. C’est aussi l’âge à partir duquel la coproscopie remplace progressivement le traitement systématique. Le passage au protocole adulte se fait en douceur, entre 12 et 18 mois, en fonction du statut parasitaire individuel du jeune cheval.